Beaucoup de salariés éligibles au forfait mobilité durable ne le demandent jamais, souvent parce qu’ils ignorent son existence ou croient à tort que leur employeur est tenu de le proposer spontanément.
Le dispositif permet à un employeur de verser jusqu’à 600 euros par an, exonérés de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu, pour les trajets domicile-travail effectués à vélo, en covoiturage ou en trottinette.
Voici les montants réellement applicables, les modes éligibles, et la démarche pour l’obtenir quand rien n’existe encore dans votre entreprise.
- Plafond d’exonération : 600 euros par an et par salarié dans le privé.
- Porté à 900 euros en cas de cumul avec la prise en charge d’un abonnement de transport collectif.
- Facultatif dans le privé, obligatoire dans la fonction publique d’État et hospitalière.
- Exonéré de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu : 600 euros versés, 600 euros perçus.
- Une attestation sur l’honneur suffit le plus souvent à justifier les trajets.
Forfait mobilité durable 2026 : les montants réels

C’est le point sur lequel circulent le plus d’informations périmées. Les plafonds ont bougé plusieurs fois depuis la création du dispositif par la loi d’orientation des mobilités, et des montants anciens continuent d’être repris un peu partout.
| Situation | Plafond exonéré | Ce qui est couvert |
|---|---|---|
| FMD seul | 600 € par an | Vélo, covoiturage, trottinette, autopartage |
| FMD + abonnement transport | 900 € par an au global | Plafond commun, après déduction de la prise en charge de l’abonnement |
| Abonnement transport seul | 50 % minimum obligatoire | Prise en charge légale, distincte du FMD |
L’exonération porte à la fois sur les cotisations sociales et sur l’impôt sur le revenu. C’est ce qui rend le dispositif intéressant comparé à une augmentation classique : une prime de 600 euros nette de charges et d’impôt vaut nettement plus qu’un salaire brut équivalent.
Montants en vigueur au 5 août 2026. Les plafonds ayant déjà été révisés à plusieurs reprises, vérifiez la valeur applicable auprès de l’URSSAF avant tout calcul engageant.
Qui peut en bénéficier, et qui décide
Dans le secteur privé, le forfait mobilités durables est facultatif. Aucun texte n’oblige un employeur à le mettre en place, ce qui explique qu’un salarié puisse y être éligible sans jamais en entendre parler.
La contrepartie de cette liberté est une règle d’égalité stricte : dès lors qu’un employeur décide de l’instaurer, il doit en faire bénéficier l’ensemble des salariés concernés selon les mêmes modalités. Il ne peut pas le réserver à certains services ou à certains statuts.
Dans la fonction publique d’État et la fonction publique hospitalière, le dispositif est en revanche obligatoire, avec ses propres règles de montant et de conditions.
La mise en place passe par un accord d’entreprise ou de branche, ou à défaut par une décision unilatérale de l’employeur après consultation du comité social et économique.
Quels transports sont éligibles au forfait mobilités durables

La liste couvre les modes de déplacement domicile-travail à faible émission, qu’ils soient personnels ou partagés.
- Le vélo, mécanique ou à assistance électrique, personnel ou en location de longue durée.
- Le covoiturage, en tant que conducteur comme en tant que passager.
- Les engins de déplacement personnel motorisés : trottinette, gyropode, monoroue, en propriété ou en location.
- L’autopartage, à condition que les véhicules soient à faibles émissions.
- Les titres de transport en commun autres que les abonnements, dans le secteur privé.
La marche à pied n’ouvre pas droit au dispositif, pas plus que l’usage d’un véhicule personnel thermique en solo. Le trajet doit relier le domicile au lieu de travail, ce qui exclut les déplacements professionnels, couverts par d’autres règles d’indemnisation.
Les justificatifs à fournir
Le formalisme est volontairement léger. Pour un trajet à vélo, une attestation sur l’honneur du salarié suffit dans la plupart des accords, éventuellement complétée par une facture d’achat ou d’entretien.
Pour le covoiturage, l’employeur demande généralement un relevé de la plateforme utilisée ou une attestation croisée. Le versement peut prendre la forme d’un remboursement de frais ou du titre-mobilité, un support de paiement dédié fonctionnant comme le titre-restaurant.
Cumuler le forfait mobilité durable avec un abonnement de transport
C’est la situation qui rapporte le plus, et celle qui bloque le plus souvent au service des ressources humaines.
Un salarié qui rejoint la gare à vélo puis prend le train peut percevoir à la fois la prise en charge obligatoire de son abonnement, à hauteur de 50 % minimum, et le forfait mobilités durables pour la partie cyclable. Les deux se cumulent dans une limite globale de 900 euros par an, après déduction de la prise en charge de l’abonnement.
Un exemple rend le mécanisme lisible. Avec un abonnement annuel de 500 euros pris en charge à 50 %, soit 250 euros, le plafond global de 900 euros laisse 650 euros de marge pour le FMD, ramenés à son propre plafond de 600 euros.
Si la prise en charge de l’abonnement dépasse à elle seule 900 euros, elle reste intégralement exonérée : le plafond global ne vient pas la rogner.
Ce que le forfait change dans un budget

L’intérêt réel dépend du trajet remplacé. Le calcul ci-dessous prend un cas précis : 15 kilomètres aller-retour par jour, 220 jours travaillés, un vélo à assistance électrique acheté 1 500 euros et un FMD versé au plafond de 600 euros.
- Côté vélo : la recharge de la batterie représente quelques euros par an, l’entretien courant et l’usure des consommables une centaine d’euros.
- Côté voiture : le carburant seul, sur cette distance, se compte en centaines d’euros annuels, auxquels s’ajoutent l’assurance, l’entretien et la décote du véhicule.
- Amortissement : avec 600 euros versés chaque année, le vélo est remboursé en un peu moins de trois ans, sans compter les économies de carburant.
Ces montants varient fortement selon le véhicule, le contrat d’assurance et la région. L’ordre de grandeur reste toutefois stable : le poste automobile domicile-travail se chiffre en milliers d’euros par an, le poste vélo en centaines.
Le dispositif ne finance pas l’achat du vélo mais l’usage. Il se combine avec les aides locales à l’acquisition, qui varient selon les collectivités.
Recharger son vélo électrique sans alourdir la facture
La consommation d’une batterie de vélo électrique reste marginale, de l’ordre d’un demi-kilowattheure par charge complète. À l’échelle d’une année de trajets quotidiens, cela représente quelques euros.
Le sujet devient plus intéressant si le foyer produit déjà son électricité. Recharger en journée, quand la production solaire est disponible, revient à rouler sur de l’autoconsommation. La même logique vaut pour un véhicule : nos guides sur le fait de recharger une voiture électrique à domicile et sur la borne de recharge solaire détaillent les montages possibles.
Pour savoir ce que votre installation peut réellement absorber, il faut d’abord connaître votre consommation de fond. Notre analyse de la consommation d’un frigo donne le premier repère de ce talon.
Comment demander le forfait mobilité durable
Si rien n’existe dans votre entreprise, la demande se prépare. Trois éléments font la différence.
- Vérifiez ce qui existe déjà. Consultez l’intranet et les accords d’entreprise : le dispositif est parfois prévu sans avoir jamais été communiqué.
- Présentez le coût réel pour l’employeur. Le FMD étant exonéré de cotisations, il coûte moins cher qu’une augmentation de salaire d’un montant équivalent, argument souvent décisif.
- Apportez le cadre. Une demande accompagnée des références applicables et d’un modèle d’attestation sur l’honneur se traite plus vite qu’une demande de principe.
Si l’employeur reste réticent, le point d’entrée reste les représentants du personnel : le sujet relève de la négociation annuelle obligatoire sur la qualité de vie au travail dans les entreprises concernées.
Questions fréquentes sur le forfait mobilités durables
Quel est le montant maximum du forfait mobilité durable ?
600 euros par an et par salarié dans le secteur privé, exonérés de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu. Ce plafond passe à 900 euros au global en cas de cumul avec la prise en charge d’un abonnement de transport collectif. L’employeur reste libre de verser un montant inférieur.
Mon employeur est-il obligé de verser le forfait mobilités durables ?
Non dans le secteur privé, où le dispositif est facultatif. Il est en revanche obligatoire dans la fonction publique d’État et hospitalière. Si un employeur privé décide de l’instaurer, il doit l’appliquer à tous les salariés concernés selon les mêmes modalités.
Peut-on cumuler le FMD et le remboursement de l’abonnement de transport ?
Oui. Les deux se cumulent dans une limite globale de 900 euros par an, après déduction de la prise en charge de l’abonnement. Si cette prise en charge dépasse à elle seule 900 euros, elle reste intégralement exonérée.
Quels justificatifs faut-il fournir pour les trajets à vélo ?
Une attestation sur l’honneur du salarié suffit dans la plupart des accords, parfois complétée par une facture d’achat ou d’entretien. L’employeur fixe les modalités dans l’accord ou la décision unilatérale qui instaure le dispositif.
La marche à pied est-elle éligible au forfait mobilité durable ?
Non. Le dispositif couvre le vélo, le covoiturage, les engins de déplacement personnel motorisés, l’autopartage à faibles émissions et certains titres de transport, mais pas la marche ni l’usage solo d’un véhicule thermique personnel.

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