Home Assistant heures creuses : l’essentiel

  • Ne recopiez pas vos horaires en dur : faites lire les plages par le compteur, via l’entité sensor.linky_ptec alimentée par un ZLinky ou un montage ESPHome.
  • Piège numéro un : en mode historique l’entité vaut HC, en mode standard elle contient HC. Un test d’égalité casse au changement de mode.
  • Piège numéro deux : les firmwares 213 et 214 du ZLinky remontent mal les plages en Zigbee.
  • En Tempo, il faut une seconde source : l’intégration RTE Tempo donne la couleur du jour en plus des plages.
  • Le gain réel vient des charges décalables : ballon d’eau chaude, lave-linge, voiture électrique.

Automatiser ses heures creuses dans Home Assistant, en théorie, c’est trois lignes de YAML. En pratique, l’automatisation marche deux mois puis se met à déclencher à côté, et l’on cherche l’erreur dans son code alors qu’elle est ailleurs.

Voici le montage Home Assistant heures creuses qui tient dans le temps : lire les plages réelles de votre compteur au lieu de les recopier, et les trois pièges qui font échouer la plupart des installations.

Pourquoi ne jamais coder ses horaires en dur

C’est la première chose que tout le monde fait, et elle finit toujours par se retourner contre vous. Une automatisation qui déclenche à 22 h 00 parce que c’est ce que dit votre contrat repose sur trois hypothèses fragiles.

Vos plages ne sont pas celles du voisin. Elles sont attribuées par le gestionnaire de réseau selon la commune et le poste de distribution, parfois en deux blocs, souvent avec des minutes qui ne tombent pas rond.

Elles changent. Les horaires font l’objet d’une réforme, et une plage déplacée d’une heure suffit à faire chauffer votre ballon au tarif fort pendant des mois sans que rien ne vous alerte.

Votre compteur, lui, les connaît. Il reçoit l’information et la publie sur son port de téléinformation. Autant la lire à la source plutôt que de la recopier.

Home Assistant heures creuses : l’entité qui fait tout le travail

Tout repose sur une seule entité, alimentée par la téléinformation de votre Linky : sensor.linky_ptec, pour période tarifaire en cours. Sa valeur bascule en temps réel au changement de plage, sans latence et sans appel réseau.

Pour l’obtenir, deux chemins :

SolutionCe que ça demandePour qui
Module ZLinkySe clipse sur le port TIC, Zigbee, zéro soudureLa voie courte, sans électronique
Montage ESPHomeUn ESP et une carte d’interface téléinfo à assemblerCeux qui préfèrent le Wi-Fi ou bricolent déjà

Le choix entre les deux, et la comparaison avec les modules Shelly, est détaillé dans notre comparatif ZLinky et Shelly.

Piège numéro un : historique ou standard, le test qui casse

C’est de loin la cause la plus fréquente des automatisations qui cessent de fonctionner, et elle n’a rien d’évident.

En mode historique, l’entité vaut HC. En mode standard, elle contient HC.

Un test d’égalité stricte fonctionne dans un mode et échoue silencieusement dans l’autre.

Concrètement : si votre condition compare la valeur à HC et que vous passez ensuite votre compteur en mode standard pour obtenir la puissance en temps réel, la valeur devient quelque chose comme HEURE CREUSE ou une chaîne contenant HC. Votre égalité renvoie faux en permanence, et le ballon ne chauffe plus jamais en heures creuses.

La parade tient en un mot : testez une inclusion, pas une égalité. Une condition qui vérifie que la valeur contient HC fonctionne dans les deux modes, aujourd’hui comme après une bascule.

Et si vous ne savez pas dans quel mode se trouve votre compteur, la réponse est probablement historique : c’est le réglage par défaut à la pose. Le passage en standard se demande à Enedis, et il vaut la peine puisqu’il débloque la puissance instantanée.

Piège numéro deux : le firmware du module

Deuxième cause, plus sournoise, parce qu’elle ne ressemble pas à un problème logiciel de votre côté.

Les firmwares 213 et 214 du ZLinky remontent mal les plages heures creuses et pleines via l’intégration Zigbee. Vous voyez bien la consommation, la puissance, les index, mais la période tarifaire reste vide ou figée. Rien dans vos automatisations n’est en cause.

Avant de passer une soirée à déboguer un template, vérifiez votre version de firmware et regardez si une mise à jour est disponible. Les mises à jour à distance s’activent directement depuis Zigbee2MQTT, sans démonter le module du compteur.

Piège numéro trois : en Tempo, la plage ne suffit pas

Si vous êtes en option Tempo, savoir que vous êtes en heures creuses ne vous dit pas grand-chose : un jour rouge, l’heure creuse coûte plus cher qu’une heure pleine de jour bleu. Il vous faut donc deux informations croisées : la plage horaire et la couleur du jour.

La couleur ne vient pas du compteur mais d’une seconde source, l’intégration RTE Tempo, qui interroge l’API du gestionnaire de réseau et expose la couleur du jour et celle du lendemain. On croise alors les deux conditions : plage creuse et couleur acceptable.

C’est aussi ce qui permet la vraie automatisation utile en Tempo : décaler ce qui peut l’être hors des jours rouges, plutôt que de raisonner uniquement en heures.

Ce qu’il faut réellement automatiser

Une fois l’entité fiable, la tentation est de tout piloter. La plupart des gains viennent en réalité de trois charges, et d’elles seules.

ChargePourquoi elle se décale bienCe qu’il faut surveiller
Ballon d’eau chaudeGrosse consommation, stockage intégréContacteur jour-nuit déjà présent au tableau
Lave-linge et lave-vaisselleDépart différé natif sur la plupart des modèlesLe bruit nocturne, et jamais en votre absence
Voiture électriqueLa charge la plus lourde et la plus décalableLa puissance souscrite, qui peut ne pas suivre

Le chauffage, lui, se pilote différemment : il ne se stocke pas, donc on ne le décale pas, on l’ajuste. C’est le rôle du fil pilote : voyez notre guide pour piloter ses radiateurs avec un Shelly.

Le point à surveiller quand tout démarre en même temps

Une automatisation naïve lance le ballon, le lave-linge et la voiture à la seconde où la plage creuse s’ouvre. Sur un abonnement 6 ou 9 kVA, le disjoncteur de branchement n’apprécie pas.

Deux réponses. La plus simple consiste à décaler les démarrages de quelques minutes dans vos automatisations, ce qui ne coûte rien. La plus robuste est un délesteur électrique, qui coupe automatiquement les circuits non prioritaires quand le seuil approche.

Questions fréquentes

Peut-on connaître ses heures creuses sans module sur le compteur ?

Oui, elles figurent sur votre facture et dans l’espace client de votre fournisseur. Mais pour automatiser, mieux vaut la source directe : le compteur suit les changements de plage, une valeur recopiée à la main non.

Mon automatisation heures creuses a cessé de fonctionner sans raison, pourquoi ?

Trois causes couvrent la majorité des cas : un passage du compteur en mode standard qui casse un test d’égalité sur la valeur HC, un firmware de module qui ne remonte plus la période tarifaire, ou un changement de vos plages horaires par le gestionnaire de réseau. Vérifiez ces trois points avant de toucher à votre code.

Faut-il passer son compteur en mode standard ?

C’est recommandé si vous voulez la puissance instantanée, que le mode historique ne remonte pas. La demande se fait auprès d’Enedis. Pensez simplement à adapter vos conditions : ce qui valait exactement HC en historique contient HC en standard.

Comment gérer l’option Tempo dans Home Assistant ?

Il faut croiser deux sources : la période tarifaire lue sur le compteur, et la couleur du jour fournie par l’intégration RTE Tempo, qui interroge l’API du gestionnaire de réseau. La couleur du lendemain étant publiée en fin de journée, elle permet aussi de préparer les jours rouges à l’avance.

Mon disjoncteur saute quand mes automatisations démarrent, que faire ?

Vos charges démarrent toutes à l’ouverture de la plage creuse et dépassent la puissance souscrite. Décalez les démarrages de quelques minutes dans vos automatisations, ou installez un délesteur qui coupe les circuits non prioritaires avant que le disjoncteur ne le fasse à votre place.

Last Update: 31 août 2026