Le calcul du point de rosée répond à une question simple : à quelle température l’air de votre pièce se met-il à déposer de l’eau sur une surface froide ? Dans un logement, cette surface est un angle de mur, un linteau, l’arrière d’un placard ou l’intérieur même d’une paroi isolée. Le calculateur ci-dessous vous donne ce seuil en une seconde à partir de la température et de l’humidité de la pièce, puis le compare à la température estimée de votre mur. Vous saurez si votre moisissure sur les murs vient d’un mur trop froid, d’un air trop humide, ou des deux.
- À 20 °C et 50 % d’humidité, le point de rosée est de 9,3 °C : tout mur plus froid que 9,3 °C condense.
- À 60 % d’humidité, le seuil monte à 12 °C ; à 70 %, à 14,4 °C. Chaque 10 % d’humidité en plus rapproche la condensation de 2 à 3 °C.
- La moisissure n’attend pas la goutte d’eau : elle démarre dès que l’humidité en surface du mur dépasse 80 % pendant plusieurs jours.
- Un mur non isolé en hiver est souvent à 12 ou 13 °C en surface, un mur isolé RT 2012 à 18 ou 19 °C. C’est là que se joue tout.
- La formule de Magnus donne le résultat à 0,4 °C près entre -40 et 50 °C, largement assez pour un logement.
Qu’est-ce que le point de rosée, concrètement ?
Le point de rosée est la température à laquelle l’air, en refroidissant, devient saturé en vapeur d’eau. En dessous, l’excédent se dépose en gouttelettes. La bouteille sortie du frigo en août se couvre de buée pour cette raison : sa paroi est sous le point de rosée de l’air de la cuisine.
L’air chaud stocke beaucoup plus de vapeur que l’air froid. Un mètre cube d’air à 20 °C peut contenir 17,3 g d’eau, contre 9,4 g à 10 °C et 4,8 g à 0 °C. Quand l’air de votre salon touche un mur à 11 °C, il ne peut plus porter toute son eau. La différence se dépose. Sur la photo ci-dessus, l’hygromètre affiche 78 % d’humidité pour 12,8 °C : le point de rosée est à 9 °C, et l’angle extérieur de la chambre, plus froid que le reste du mur, l’a atteint chaque nuit.
Deux instruments suffisent pour faire le diagnostic chez vous : un thermomètre hygromètre à 10 ou 15 € pour l’air, et un thermomètre infrarouge à 20 ou 30 € pour la surface des murs. Visez les angles, le dessous des fenêtres et l’arrière des meubles adossés à un mur extérieur : ce sont toujours les zones les plus froides. Pour situer votre logement, la page sur le taux d’humidité idéal dans la maison donne les valeurs pièce par pièce.
Calculateur de point de rosée : température, humidité et mur
Renseignez la température et l’humidité relative mesurées dans la pièce, puis la température extérieure et l’état de l’isolation du mur. Si vous avez un thermomètre infrarouge, saisissez directement la température lue sur le mur, elle remplace l’estimation. Le calculateur applique la formule de Magnus et vous dit si le mur est au-dessus ou au-dessous du seuil de condensation, et à partir de quelle humidité la moisissure démarre.
Calculateur de point de rosée
Formule de Magnus (a = 17,625, b = 243,04 °C). Température de mur estimée par le facteur de température de surface fRsi propre à chaque niveau d’isolation. Ordre de grandeur, pas un calcul réglementaire.
Trois lectures utiles. Un salon à 20 °C et 60 % d’humidité derrière un mur non isolé par 2 °C dehors : le mur est estimé à 11,9 °C, sous le point de rosée de 12 °C, l’eau se dépose. Le même salon avec un mur isolé des années 2000 : mur à 17,3 °C, humidité en surface de 71 %, aucun risque. Le même mur isolé mais un angle non traité à 45 % de facteur fRsi : 10,1 °C, condensation franche. L’isolation ne supprime pas le point de rosée, elle éloigne le mur de ce seuil.
Comment calculer le point de rosée sans outil
La méthode la plus juste passe par la formule de Magnus, celle qu’utilisent les stations météo et les calculateurs en ligne. Elle tient en deux lignes.
| Étape | Formule | Exemple à 20 °C et 60 % |
|---|---|---|
| 1. Calculer le terme intermédiaire | g = ln(HR / 100) + 17,625 x T / (243,04 + T) | g = -0,511 + 1,340 = 0,829 |
| 2. En déduire le point de rosée | Td = 243,04 x g / (17,625 – g) | Td = 201,5 / 16,80 = 12,0 °C |
| Approximation rapide | Td = T – (100 – HR) / 5 | Td = 20 – 8 = 12 °C (valable entre 50 et 100 % d’humidité) |
L’approximation de la dernière ligne suffit pour un diagnostic rapide au thermomètre. Elle dérive vite sous 50 % d’humidité : à 20 °C et 40 %, elle donne 8 °C alors que la vraie valeur est 6 °C. Pour un tableur, la formule de Magnus se saisit telle quelle avec la fonction LN.
Le tableau suivant évite tout calcul dans les cas courants d’un logement chauffé.
| Air de la pièce | 40 % HR | 50 % HR | 60 % HR | 70 % HR | 80 % HR |
|---|---|---|---|---|---|
| 16 °C (chambre) | 2,4 °C | 5,6 °C | 8,2 °C | 10,5 °C | 12,6 °C |
| 18 °C | 4,2 °C | 7,4 °C | 10,1 °C | 12,4 °C | 14,5 °C |
| 20 °C (séjour) | 6,0 °C | 9,3 °C | 12,0 °C | 14,4 °C | 16,4 °C |
| 22 °C (salle de bain) | 7,8 °C | 11,1 °C | 13,9 °C | 16,3 °C | 18,4 °C |
| 24 °C | 9,6 °C | 12,9 °C | 15,8 °C | 18,2 °C | 20,3 °C |
Lecture : une salle de bain à 22 °C qui monte à 80 % d’humidité après une douche a un point de rosée à 18,4 °C. Presque toutes les surfaces de la pièce sont plus froides, d’où la buée sur le miroir et les gouttes sur le carrelage. Ce n’est pas un défaut du mur, c’est l’air qu’il faut évacuer dans les dix minutes. La vitre est le premier endroit où le phénomène devient visible : apprenez à lire la condensation sur vos fenêtres avant que l’humidité n’atteigne les murs.
Calcul du point de rosée dans un mur : la température de surface
Le point de rosée de l’air ne dit rien tant qu’on ne le compare pas à la température réelle du mur. C’est elle qui décide. En physique du bâtiment, on l’estime avec le facteur de température de surface, noté fRsi : la fraction de l’écart intérieur-extérieur que le mur conserve côté pièce.
La formule est directe : température du mur = T intérieure – (1 – fRsi) x (T intérieure – T extérieure). Un mur en parpaing nu a un fRsi d’environ 0,55. Par 20 °C dedans et 0 °C dehors, sa surface est à 11 °C. Un mur isolé RT 2012 (fRsi proche de 0,93) reste à 18,6 °C dans les mêmes conditions. Voilà pourquoi la même pièce, avec la même humidité, moisit dans une maison de 1965 et pas dans une maison de 2015.
| Paroi | fRsi typique | Surface à 20 °C intérieur, 0 °C extérieur | Humidité de pièce qui condense |
|---|---|---|---|
| Angle de mur non isolé, pont thermique de dalle | 0,40 à 0,50 | 8 à 10 °C | 46 à 53 % |
| Mur plein non isolé (pierre, brique, parpaing) | 0,55 à 0,60 | 11 à 12 °C | 56 à 60 % |
| Doublage des années 1980 (4 à 6 cm) | 0,70 à 0,75 | 14 à 15 °C | 68 à 73 % |
| Mur isolé 10 cm (R de 2,5 à 3) | 0,85 | 17 °C | 83 % |
| Mur RT 2012 ou RE 2020 (R de 4 et plus) | 0,90 à 0,95 | 18 à 19 °C | 88 à 94 % |
La caméra thermique de la photo montre le vrai problème des maisons partiellement isolées : le mur courant est chaud, mais l’angle avec le plafond apparaît en bleu à 4 ou 5 °C de moins. C’est là que le point de rosée est atteint en premier. Un thermomètre infrarouge à 25 € fait le même travail point par point : mesurez le mur au centre, puis dans l’angle, puis sous la fenêtre, et comparez chaque valeur au point de rosée de la pièce.
Le seuil de moisissure est plus bas que celui de la condensation. Les champignons se développent dès que l’humidité relative de l’air au contact du mur dépasse 80 % de façon prolongée, sans qu’une seule goutte ne se forme. La réglementation allemande fixe d’ailleurs le fRsi minimal d’une paroi à 0,70 sur ce critère, et non sur celui de la condensation. Le calculateur affiche les deux seuils pour cette raison.
Condensation interstitielle : quand le point de rosée est dans l’isolant

Tout ce qui précède concerne la surface du mur. Il existe un second cas, invisible et plus destructeur : la condensation interstitielle. La vapeur d’eau migre toujours du chaud vers le froid à travers les matériaux. Dans une paroi isolée par l’intérieur, la température chute fortement dans l’épaisseur de l’isolant. Si la vapeur y rencontre une couche plus froide que son point de rosée, elle condense dedans, derrière la plaque de plâtre, sans rien montrer côté pièce pendant des mois.
Un isolant mouillé ne sert plus à rien. L’eau conduit la chaleur 25 fois mieux que l’air immobile qu’elle remplace dans les fibres. Une laine minérale saturée perd 40 % de son pouvoir isolant en quelques semaines, se tasse en bas de paroi en un an, et finit par faire pourrir ossature et plâtre. Sur du bâti ancien, c’est aussi le terrain de jeu de la mérule.
La méthode de référence pour vérifier une paroi sur le papier s’appelle le diagramme de Glaser. Elle compare, couche par couche, la pression de vapeur réelle et la pression de vapeur saturante ; là où la première dépasse la seconde, il y a condensation. Deux paramètres commandent le résultat : la position de l’isolant, et la résistance à la vapeur des couches côté chaud.
| Méthode | Où se trouve le point de rosée | Conséquence |
|---|---|---|
| ITI, isolation par l’intérieur | Dans l’isolant ou à sa jonction avec le mur porteur, qui reste froid | Pare-vapeur ou frein-vapeur côté chaud indispensable, continuité aux jonctions |
| ITE, isolation par l’extérieur | Dans l’isolant extérieur, le mur porteur reste chaud et sec | Scénario le plus sûr, pas de pare-vapeur intérieur nécessaire dans la plupart des cas |
| Isolant mince réflecteur seul | Sur le mur, juste derrière la feuille étanche | Piège à humidité sans lame d’air ventilée des deux côtés : à proscrire en doublage direct |
Le comparatif complet isolation par l’intérieur ou par l’extérieur détaille les coûts et les cas où l’ITE n’est pas possible. Un point mérite d’être dit clairement : le diagramme de Glaser suppose un régime stationnaire et ignore la capacité des matériaux à stocker puis restituer l’humidité. Sur une rénovation de bâti ancien en pierre ou en terre, faites vérifier le montage par un thermicien avant de poser un pare-vapeur. Une paroi ancienne qui respirait depuis un siècle peut être ruinée par une membrane trop étanche.
Pare-vapeur, valeur Sd et isolants : déplacer le point de rosée
Puisqu’on ne peut pas empêcher l’isolant d’être froid côté extérieur, on empêche la vapeur d’y arriver. C’est le rôle de la membrane posée côté chaud, dont la performance se lit sur une seule valeur : le Sd, épaisseur d’air équivalente. Une membrane Sd 18 m freine la vapeur autant qu’une couche d’air de 18 mètres.
| Membrane | Valeur Sd | Usage | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Frein-vapeur | 2 à 5 m | Parois perspirantes, ossature bois, isolants biosourcés | 1,5 à 2,5 € le m² |
| Pare-vapeur | 18 m et plus | ITI classique sur mur maçonné, laine minérale | moins de 1 € le m² |
| Membrane hygrovariable | 0,25 à 25 m selon l’humidité | Rénovation, toiture, séchage vers l’intérieur l’été | 3 à 5 € le m² |
Le choix de l’isolant compte autant que la membrane, à travers son coefficient µ de résistance à la diffusion de vapeur. La laine minérale (µ = 1) laisse tout passer et exige une membrane parfaitement continue, rubans et manchons compris. La fibre de bois et le chanvre (µ de 3 à 5) régulent naturellement, ce qui explique leur place dans l’isolation écologique des combles et dans les projets en laine de chanvre. Le polystyrène expansé (µ = 60) bloque la vapeur par lui-même mais concentre le risque aux joints entre panneaux. La mousse polyuréthane projetée supprime ces joints, au prix d’une paroi qui ne sèche plus vers l’intérieur.
Pas le budget pour une membrane hygrovariable à 4 € le m² ? Un pare-vapeur classique Sd 18 à moins de 1 € fait le travail, à une condition : la continuité. Chaque lé chevauché de 10 cm et scotché, chaque traversée de gaine avec son manchon, chaque périphérie collée au mur. Une fente de 1 mm sur un mètre laisse passer autant de vapeur qu’un mètre carré de membrane entière. L’étanchéité ne coûte rien en matériel, elle coûte de la rigueur.
Ventilation et chauffage : garder l’air sous le point de rosée

Le calcul donne deux leviers : monter la température du mur, ou baisser l’humidité de l’air. Le premier passe par l’isolation et coûte cher. Le second se règle en quelques jours et suffit dans la moitié des cas de moisissure que je vois en visite.
Un foyer de quatre personnes produit 10 à 15 litres de vapeur par jour entre les douches, la cuisine, le linge et la respiration. Sans renouvellement d’air, l’humidité d’un séjour à 20 °C passe de 50 à 70 % en une soirée, et son point de rosée grimpe de 9,3 à 14,4 °C. Un mur qui était sain le matin condense le soir. Une VMC encrassée n’évacue plus cette vapeur : le nettoyage de la VMC est le premier geste, avant tout traitement de surface. Si le logement n’en a pas, une VMC hygroréglable se pose entre 600 et 1 500 € et module son débit sur l’humidité réelle.
Le chauffage joue aussi, mais dans l’autre sens que ce qu’on croit. Couper le radiateur d’une chambre inoccupée refroidit ses murs à 13 ou 14 °C tandis que l’air humide du reste du logement y entre : c’est la recette classique de la chambre d’amis qui moisit. Mieux vaut un chauffage continu à 16 ou 17 °C, porte fermée, qu’une pièce éteinte. Pour un locataire qui ne peut pas toucher aux murs, un absorbeur d’humidité fait maison abaisse de quelques points l’hygrométrie d’une petite pièce en attendant mieux.
Air à 50 % d’humidité, murs à plus de 15 °C en surface, VMC qui tire au moins 15 m³ par heure et par pièce humide. Tenez ces trois valeurs et le point de rosée ne sera jamais atteint chez vous.
Pour financer une isolation qui remonte durablement la température des murs, l’éco-prêt à taux zéro reste accessible en 2026 sur les murs, contrairement à MaPrimeRénov’ qui ne finance plus l’isolation seule depuis janvier.
Questions fréquentes sur le calcul du point de rosée
Quel est le point de rosée à 20 °C et 50 % d’humidité ?
9,3 °C. Toute surface de la pièce plus froide que 9,3 °C se couvre de condensation. À 60 % d’humidité, le seuil monte à 12 °C, et à 70 % à 14,4 °C.
Comment calculer le point de rosée dans un mur ?
On calcule d’abord le point de rosée de l’air de la pièce avec la formule de Magnus, puis la température de surface du mur : T intérieure moins (1 – fRsi) fois l’écart intérieur-extérieur. Si la surface est sous le point de rosée, le mur condense. Un thermomètre infrarouge remplace avantageusement l’estimation du fRsi.
Quelle est la formule du point de rosée ?
Formule de Magnus : g = ln(HR/100) + 17,625 x T / (243,04 + T), puis Td = 243,04 x g / (17,625 – g), avec T en °C et HR en pourcentage. Précision de 0,4 °C entre -40 et 50 °C. L’approximation Td = T – (100 – HR) / 5 suffit au-dessus de 50 % d’humidité.
À quelle humidité la moisissure apparaît-elle sur un mur ?
Dès que l’humidité de l’air au contact du mur dépasse 80 % pendant plusieurs jours, avant toute goutte visible. Sur un mur non isolé à 12 °C dans une pièce à 20 °C, ce seuil est franchi dès 48 % d’humidité ambiante, une valeur pourtant considérée comme normale.
Le calcul du point de rosée est-il le même pour une toiture ou un plancher ?
Oui, la physique ne change pas : un plafond sous combles non isolés ou un plancher sur vide sanitaire se comportent comme un mur froid. Les rampants isolés par l’intérieur demandent même plus de soin, car l’air chaud et humide monte et s’y concentre.
Où poser le pare-vapeur par rapport au point de rosée ?
Toujours du côté chaud de l’isolant, c’est-à-dire côté pièce, avant le point de rosée dans l’épaisseur de la paroi. Posé côté froid, il piège la vapeur dans l’isolant au lieu de l’en empêcher d’entrer. En ITE, le mur porteur reste chaud et le pare-vapeur intérieur devient souvent inutile.

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