Vous louez un logement, ou vous cherchez à en louer un ? Le DPE location est devenu un document central, et pas seulement une formalité. Depuis 2025, les logements les plus énergivores sont peu à peu interdits à la location, et la réforme de 2026 vient encore rebattre les cartes. Pour un propriétaire bailleur, mal comprendre ces règles peut signifier un logement bloqué ou un loyer gelé. Pour un locataire, le DPE éclaire la future facture d’énergie. En tant qu’auditrice énergétique, je vois la confusion que ces évolutions créent. Voici, clairement, ce que dit la loi en 2026, le calendrier des interdictions et quoi faire si votre bien est concerné.
Pour situer votre logement : faites une simulation DPE gratuite, maîtrisez le vocabulaire avec notre glossaire de la maison écologique, et vérifiez le registre des copropriétés.
Ce diagnostic est à votre charge : comptez 100 à 250 euros selon le bien, avec des écarts importants entre devis. Le détail se trouve dans notre relevé du prix du DPE en 2026.
Bonne nouvelle pour de nombreux propriétaires : la réforme du DPE 2026 reclasse une partie des logements chauffés à l’électricité, parfois hors du statut de passoire.
- Le DPE est obligatoire dès l’annonce et annexé au bail.
- Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025 (Service Public).
- Suivront les F en 2028, puis les E en 2034.
- Le loyer des logements F et G est gelé depuis août 2022.
- La réforme 2026 sort près de 850 000 logements du statut de passoire, sans travaux.
- Louer un logement interdit le rend non décent : le locataire peut demander au juge des travaux sous astreinte ou une baisse de loyer.
Le DPE est-il obligatoire pour louer un logement ?
Oui, sans exception ou presque. Le diagnostic de performance énergétique accompagne toute mise en location, de l’annonce à la signature du bail.

Concrètement, le bailleur doit afficher la classe énergétique (de A à G) et l’estimation des dépenses d’énergie dès l’annonce immobilière. Le DPE complet est ensuite annexé au contrat de location. Depuis juillet 2021, ce document est opposable : un locataire peut se retourner contre le propriétaire en cas d’erreur manifeste. Sa durée de validité est de dix ans, et son coût se situe en général entre 100 et 250 euros, à la charge du bailleur. Seuls quelques cas très particuliers, comme certaines locations saisonnières de courte durée, échappent à cette obligation.
Le calendrier d’interdiction de location des passoires thermiques
C’est le cœur du sujet, et la source de toutes les inquiétudes. La loi Climat et Résilience interdit progressivement la location des logements les plus énergivores, appelés passoires thermiques.
| Classe DPE | Interdiction (métropole) | Outre-mer |
|---|---|---|
| G | depuis le 1er janvier 2025 | 2028 |
| F | 1er janvier 2028 | 2031 |
| E | 1er janvier 2034 | 2034 |
Un point important, souvent mal compris. L’interdiction vise les nouveaux contrats de location, les renouvellements et les reconductions tacites de bail. Un locataire déjà en place n’est donc pas expulsé du jour au lendemain : le logement devient non louable au moment où le bail se renouvelle ou qu’un nouveau locataire doit entrer. Mettre en location un logement classé G aujourd’hui est en revanche interdit.
La réforme du DPE 2026 : ce qui change
Bonne nouvelle pour de nombreux propriétaires, mauvaise surprise pour la lisibilité du dispositif. Le mode de calcul du DPE évolue au 1er janvier 2026.
Le coefficient de conversion de l’électricité, utilisé dans le calcul, passe de 2,3 à 1,9. Derrière ce détail technique se cache un effet massif : près de 850 000 logements, surtout chauffés à l’électricité, sortent du statut de passoire thermique sans le moindre travaux, simplement grâce au nouveau calcul. Si votre logement était classé G ou F à la limite du seuil et qu’il est chauffé à l’électricité, il peut être pertinent de mettre à jour son DPE : c’est gratuit, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, sur le site de l’observatoire de l’ADEME. Le changement de classe peut, à lui seul, le rendre de nouveau louable.
Gel des loyers et obligations du bailleur
L’interdiction de louer n’est pas la seule contrainte qui pèse sur les passoires. Une autre règle, plus ancienne, frappe déjà au portefeuille.
Depuis le 24 août 2022, le loyer des logements classés F et G est gelé. Le bailleur ne peut ni l’augmenter, ni l’indexer sur l’indice de référence des loyers lors du renouvellement du bail, tant que le logement reste une passoire. À cela s’ajoute, pour la vente des passoires, l’obligation d’un audit énergétique remis à l’acheteur. Pour le bailleur, la logique est claire : un logement mal classé perd en valeur locative et finit par sortir du marché. La rénovation n’est plus une option lointaine, c’est un calcul de rentabilité.
Logement classé passoire : que faire ?
Pas de panique, mais pas d’attentisme non plus. Un logement F ou G peut remonter de plusieurs classes avec les bons travaux, ciblés dans le bon ordre.

La première étape est un audit énergétique, qui hiérarchise les travaux par efficacité. En général, on commence par l’isolation, le poste qui pèse le plus : combles, murs puis fenêtres. Le remplacement d’un chauffage énergivore et l’amélioration de la ventilation complètent souvent le gain. Ces travaux ouvrent droit à des coups de pouce financiers : notre guide des aides à la rénovation énergétique détaille les dispositifs mobilisables, et le changement des fenêtres aidé est un levier fréquent pour gagner une classe. Bien menée, une rénovation transforme une passoire bloquée en logement louable et confortable.
Avec le nouveau calcul, un logement électrique à la limite du seuil peut gagner une classe sans aucun travaux. Vérifiez votre classement avant d’engager des dépenses.
Louer un logement classé E, F ou G : ce que vous pouvez faire aujourd’hui
Le DPE location ne se lit pas de la même façon selon la classe. Les trois ne sont pas au même stade, et confondre leurs échéances coûte cher. Voici où en est chacune au 8 septembre 2026, et la marge de manœuvre réelle qui reste sur un DPE location.
DPE G en location : interdit, sauf bail en cours
Un logement classé G ne peut plus être mis en location en métropole depuis le 1er janvier 2025. L’interdiction vise la signature d’un nouveau bail, le renouvellement et la reconduction tacite. Un bail signé avant 2025 va jusqu’à son terme, mais il ne pourra pas être reconduit en l’état.
Trois issues. Une seule est rapide.
- Mettre à jour le DPE. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9. Un G électrique proche du seuil peut ressortir en F, voire en E, sans un seul chantier. C’est le premier réflexe, et il est gratuit : un DPE réalisé avant 2026 se met à jour sans nouvelle visite sur le site de l’ADEME (fiche DPE de Service Public).
- Engager les travaux. Isolation d’abord. Chauffage ensuite : un G remonte rarement d’une seule classe avec un geste isolé.
- Vendre. La vente d’une passoire reste possible, avec audit énergétique remis à l’acheteur. Le prix, lui, intègre déjà la décote.
DPE F en location : deux ans et trois mois devant vous
Un DPE F en location reste valable jusqu’au 31 décembre 2027. L’interdiction tombe le 1er janvier 2028 en métropole, 2031 outre-mer. Le parc concerné est massif : environ 1,2 million de logements F dans le locatif privé métropolitain, soit près du double des G.
Louable ne veut pas dire indolore. Loin de là. Le loyer d’un F est gelé depuis le 24 août 2022, sans indexation possible au renouvellement. Chaque année qui passe creuse donc l’écart avec les loyers du marché, en plus de rapprocher l’échéance.
Le calcul est simple. Si vous relouez ce bien en 2027 pour un bail de trois ans, ce bail court jusqu’en 2030 : il traversera l’interdiction. Mieux vaut caler les travaux sur le prochain départ de locataire que subir le calendrier.
DPE E en location : louable, mais l’échéance est déjà écrite
Un DPE E en location se loue normalement, sans gel de loyer, jusqu’au 31 décembre 2033. L’interdiction s’applique au 1er janvier 2034, métropole et outre-mer confondus.
Un détail de calendrier piège les propriétaires prévoyants. Un DPE réalisé aujourd’hui reste valable dix ans, donc jusqu’en 2036. Il couvrira la date d’interdiction de 2034 sans jamais avoir été refait. Le classement E que vous avez en main aujourd’hui sera donc opposable au moment où il deviendra bloquant.
Concrètement, un E est la classe la plus confortable à traiter : souvent une ou deux classes à gagner, et huit ans pour étaler la dépense. C’est aussi la seule où vous pouvez encore choisir votre artisan sans subir la file d’attente.
Interdiction de location liée au DPE : les risques réels pour le bailleur
Aucune amende automatique ne tombe le lendemain de la signature. Le mécanisme est ailleurs. Il est plus lent : un logement dont la classe est interdite à la location est considéré comme non décent, au sens de la loi du 6 juillet 1989.
C’est le locataire qui actionne. Pas l’administration. Sur le fondement de l’article 20-1 de cette loi, il peut saisir le juge pour obtenir la réalisation des travaux sous astreinte, une réduction de loyer pendant la procédure, souvent située entre 10 et 25 %, la suspension du paiement, ou la résiliation du bail aux torts du bailleur avec dommages et intérêts.
Avant le juge, il existe une étape gratuite et méconnue : la commission départementale de conciliation. Elle traite précisément ce type de litige. Et évite souvent le contentieux.
Un risque administratif distinct s’y ajoute dans les villes où les loyers sont encadrés. Paris, Lille, Lyon, Bordeaux et Montpellier prévoient des amendes pouvant atteindre 5 000 euros pour un bailleur particulier et 15 000 euros pour une société, au titre des obligations déclaratives locales.
Mon avis d’experte : sur un DPE location contesté, le vrai risque n’est pas l’amende, c’est le loyer suspendu pendant une procédure de plusieurs mois sur un bien que vous continuez de rembourser. Un diagnostic à 200 euros vaut mieux qu’un dossier au tribunal.
Questions fréquentes sur le DPE location
Peut-on encore louer un logement classé G en 2026 ?
Non, la mise en location d’un logement classé G est interdite depuis le 1er janvier 2025. Cela concerne les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions tacites. Un locataire déjà en place n’est pas expulsé, mais le bail ne pourra pas être renouvelé en l’état.
Peut-on louer un logement classé E en 2026 ?
Oui. Un logement classé E se loue normalement et son loyer n’est pas gelé, contrairement aux F et aux G. L’interdiction de location ne s’applique qu’au 1er janvier 2034, en métropole comme en outre-mer.
Un logement classé F est-il encore louable ?
Oui, jusqu’au 31 décembre 2027 en métropole et 2030 outre-mer. Attention toutefois : son loyer est gelé depuis le 24 août 2022, et un bail de trois ans signé en 2027 traverserait la date d’interdiction du 1er janvier 2028.
Que risque un propriétaire qui loue quand même un logement interdit ?
Le logement est réputé non décent. Le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, gratuite, puis le juge pour obtenir des travaux sous astreinte, une réduction de loyer souvent comprise entre 10 et 25 %, la suspension du loyer ou la résiliation aux torts du bailleur.
Quelle est la durée de validité d’un DPE ?
Un DPE est valable dix ans. Il doit figurer dès l’annonce de location et être annexé au bail. Depuis juillet 2021, il est opposable : le locataire peut engager la responsabilité du bailleur en cas d’erreur manifeste.
La réforme 2026 sort-elle vraiment des logements du statut de passoire ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9 dans le calcul du DPE. Près de 850 000 logements, surtout chauffés à l’électricité, changent de classe sans travaux. Un nouveau DPE peut donc rendre un bien de nouveau louable.
Peut-on augmenter le loyer d’un logement classé F ou G ?
Non. Depuis le 24 août 2022, le loyer des logements classés F et G est gelé. Le bailleur ne peut ni l’augmenter, ni l’indexer sur l’indice de référence des loyers au renouvellement, tant que le logement reste une passoire thermique.
Combien coûte un DPE pour une location ?
Le prix d’un DPE se situe généralement entre 100 et 250 euros, à la charge du propriétaire bailleur. Il doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié. Mieux vaut comparer plusieurs devis, les tarifs variant d’un professionnel à l’autre.
Commentaires