Tous les guides de puissance de compteur commencent par la même grille : 3 kVA pour un studio, 6 kVA en dessous de 80 m², 9 kVA au-delà. Le problème, c’est que cette grille raisonne en surface quand votre compteur, lui, ne mesure qu’une chose : ce que vous allumez en même temps. Résultat, selon le Médiateur national de l’énergie, un foyer français sur deux paie une puissance qui ne correspond pas à sa consommation réelle, soit 300 millions d’euros par an facturés à l’échelle nationale pour de l’énergie jamais consommée.
- Votre Linky affiche déjà votre pic réel : l’écran Puissance max, en VA.
- Divisez-le par 1 000 et comparez-le à votre puissance souscrite en kVA.
- L’écart d’abonnement va de 11,73 € par mois en 3 kVA à 55,05 € en 36 kVA.
- Un délesteur évite souvent de monter d’un palier, pour un coût inférieur.
Ce que vos kVA vous coûtent vraiment chaque mois
La puissance souscrite ne change pas le prix du kWh consommé. Elle change l’abonnement, c’est-à-dire la part fixe que vous payez même en partant trois semaines en vacances.
L’ordre de grandeur se lit bien sur une grille publique : chez Octopus, l’abonnement mensuel va de 11,73 € en 3 kVA à 55,05 € en 36 kVA. Entre 6 et 9 kVA, le palier le plus fréquent, l’écart se compte en quelques euros par mois, soit quelques dizaines d’euros par an. Ce n’est pas spectaculaire. C’est simplement de l’argent versé sans contrepartie si le palier est trop haut.
Et l’erreur se joue dans les deux sens. Une puissance trop faible se remarque tout de suite, le compteur disjoncte. Une puissance trop élevée ne se signale jamais : rien ne clignote, rien ne coupe, la ligne d’abonnement reste simplement plus grasse que nécessaire pendant des années.
Pourquoi les grilles par surface se trompent une fois sur deux
Les tableaux publiés par les fournisseurs se ressemblent tous : studio sans chauffage électrique, 3 kVA ; logement moyen, 6 kVA, palier choisi par environ deux tiers des foyers français ; grande maison, 9 kVA et plus. À 15 kVA, le passage en triphasé devient obligatoire.
Ces repères ne sont pas faux, ils sont incomplets. Un compteur ne connaît ni votre surface ni le nombre de vos pièces. Il mesure la puissance appelée à un instant donné. Deux logements de 100 m² identiques n’ont pas le même besoin si l’un chauffe au gaz et l’autre à l’électricité, ou si l’un lance son lave-linge la nuit quand l’autre cumule four, plaques et sèche-linge à 19 h.
Il y a un second angle mort, plus gênant. Aucun des acteurs qui publient ces grilles n’a intérêt à vous conseiller de descendre d’un palier : leur abonnement baisserait d’autant. La grille sert donc à ne pas sous-dimensionner. Elle ne sert jamais à détecter un surdimensionnement.
Mesurer votre pic réel en trois écrans sur le Linky
La bonne nouvelle, c’est que la donnée existe déjà, gratuitement, sur le compteur accroché à votre mur. Personne ne vous l’a montrée.
- Appuyez sur la touche + du Linky pour faire défiler les écrans.
- Repérez l’écran Puissance souscrite : il indique en kVA ce que vous payez aujourd’hui.
- Continuez jusqu’à l’écran Puissance max, exprimé en VA. C’est la puissance la plus élevée atteinte dans la journée en cours. Divisez-la par 1 000 pour la comparer à la première.
Un relevé qui affiche 4 820 VA, soit 4,82 kVA, sur un abonnement de 9 kVA vous dit l’essentiel : vous payez pour une réserve que vous n’utilisez pas. Un seul relevé ne suffit pas pour autant. Répétez l’opération pendant une à deux semaines, en incluant un jour de grande lessive et une soirée d’hiver, puisque c’est le pire moment qui décide du palier.
Pour éviter le relevé manuel quotidien, un suivi automatique fait le travail à votre place : notre guide du suivi de consommation électrique en temps réel compare les méthodes disponibles, de l’application gratuite au boîtier branché sur le port de communication du compteur.
La grille de référence, et comment s’en servir
Une fois votre pic mesuré, le tableau reprend son utilité : il sert à vérifier votre relevé, pas à le remplacer.
| Puissance | Pic disponible | Profil courant |
|---|---|---|
| 3 kVA | 3 000 W | Studio ou petit appartement, sans chauffage ni eau chaude électriques |
| 6 kVA | 6 000 W | Le palier le plus répandu, environ deux tiers des foyers |
| 9 kVA | 9 000 W | Chauffage électrique, ou cumulus plus plaques plus four |
| 12 kVA | 12 000 W | Grande maison tout électrique, ou ajout d’une borne de recharge |
| 15 kVA et plus | 15 000 W | Passage en triphasé obligatoire |
Gardez une marge, sans excès. Si votre pic mesuré sur deux semaines plafonne à 5,2 kVA, un abonnement 6 kVA tient ; descendre à 3 kVA vous ferait disjoncter au premier cumul. La règle pratique : prenez le palier immédiatement supérieur à votre pic réel, pas deux crans au-dessus.
Les trois ajouts qui font vraiment monter la puissance

Trois équipements déplacent le curseur, et un seul d’entre eux est souvent anticipé.
- La borne de recharge. Une borne 7 kW appelle 32 A en continu, pendant des heures. C’est l’ajout le plus lourd, et il tombe au mauvais moment puisqu’on recharge le soir. Les détails de protection sont dans notre guide du disjoncteur pour borne de recharge 7 kW.
- La pompe à chaleur. Son appel au démarrage dépasse sa puissance nominale, et il se cumule avec le reste du logement par temps froid, c’est-à-dire exactement quand tout fonctionne ensemble.
- Le cumul cuisine. Plaques à induction, four et lave-vaisselle lancés en même temps montent vite à 6 000 W à eux seuls, sans que rien ne paraisse anormal.
Monter d’un palier, ou poser un délesteur ?
C’est l’arbitrage que les grilles n’évoquent jamais, parce qu’il permet justement de ne pas augmenter son abonnement.
Un délesteur coupe momentanément un usage non prioritaire, le chauffe-eau ou un radiateur, quand l’appel total approche la limite. Le confort ne bouge pas, le compteur ne disjoncte pas, et le palier reste le même. Sur une borne de recharge, la fonction de délestage évite qu’une charge de voiture lancée pendant le dîner ne fasse dépasser la puissance souscrite.
La comparaison est simple à poser : combien coûte un palier supplémentaire par an, contre le prix d’un délesteur électrique posé une fois. Si le dépassement n’arrive que deux heures par jour en hiver, le délesteur gagne. Si votre pic dépasse durablement le palier, il faut monter, et un délesteur ne fera que masquer le problème.
Dernier levier, gratuit celui-là : déplacer les usages. Un chauffe-eau piloté par un contacteur jour nuit chauffe la nuit, quand plus rien d’autre ne tourne. Le pic de la soirée baisse mécaniquement.
Questions fréquentes sur la puissance de compteur
Comment connaître la puissance de son compteur ?
Appuyez sur la touche + du Linky jusqu’à l’écran Puissance souscrite : il affiche votre abonnement en kVA. L’information figure aussi sur votre facture, à la ligne de l’abonnement.
Quelle puissance de compteur pour une pompe à chaleur ?
Le plus souvent 9 kVA, parfois 12 kVA si la maison est grande ou si un cumulus électrique s’ajoute. L’appel au démarrage compte plus que la puissance nominale : mesurez votre écran Puissance max par temps froid avant de trancher.
Quelle puissance de compteur pour une borne de recharge ?
Une borne 7 kW consomme à elle seule l’équivalent d’un palier entier. Comptez 12 kVA pour l’ajouter confortablement sur un logement déjà en 9 kVA, sauf si la borne gère le délestage, ce qui permet souvent de rester au même palier.
Peut-on baisser la puissance de son compteur ?
Oui, la modification se demande à votre fournisseur et se fait à distance sur un Linky. Mesurez d’abord votre pic réel sur une à deux semaines, en incluant une soirée d’hiver, pour ne pas descendre trop bas.
À partir de quelle puissance faut-il du triphasé ?
À partir de 15 kVA, le triphasé devient obligatoire. En dessous, le monophasé suffit dans la très grande majorité des logements, et il coûte moins cher à installer comme à entretenir.

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