Depuis le 5 juin 2026, un kWh solaire revendu à EDF OA rapporte 1,1 centime. Le même kWh racheté le soir au réseau coûte 20 centimes au tarif bleu. Dix-huit fois plus. C’est ce gouffre qui fait parler de la batterie virtuelle : au lieu de brader votre surplus de midi, vous le mettez de côté pour le récupérer plus tard, sans poser le moindre appareil chez vous. Auditrice énergétique, je refais ce calcul avec chaque foyer équipé de panneaux, et la réponse n’est jamais la même : tout dépend de l’abonnement, du prix du kWh restitué et de votre façon de consommer. Voici comment fonctionne le stockage virtuel, les quatre offres qui existent réellement en 2026 avec leurs tarifs, le calcul complet sur une maison de 6 kWc et les pièges à connaître avant de signer.

L’essentiel sur la batterie virtuelle

  • Une batterie virtuelle n’est pas un appareil : c’est une offre de fournisseur d’électricité qui comptabilise votre surplus injecté sur le réseau comme un crédit de kWh.
  • En 2026, quatre offres sont accessibles aux particuliers : Urban Solar Energy, MyBattery et MySmartBattery de mylight150, et OHM Énergie.
  • Le kWh récupéré n’est pas gratuit : il coûte environ 0,10 à 0,11 € TTC d’acheminement et de taxes, contre 0,2001 € au tarif bleu Base.
  • Sur une maison de 6 kWc qui récupère 2 000 kWh par an, le gain va de 24 à 91 € par an selon l’offre, après 250 à 299 € de frais d’entrée.
  • Elle est incompatible avec EDF OA : il faut choisir entre vendre son surplus et le stocker.

Batterie virtuelle pour panneaux solaires : comment ça fonctionne ?

Une batterie virtuelle est un service de comptabilité énergétique proposé par un fournisseur d’électricité. Votre surplus solaire part sur le réseau comme d’habitude, mais au lieu d’être vendu, il est inscrit sur un compte en kWh que vous puisez la nuit ou l’hiver. L’association Hespul, qui anime photovoltaique.info, le rappelle sans détour : le kWh n’est pas réellement mis de côté pour vous, il est simplement compté.

Panneaux solaires sur une toiture en tuiles : le surplus de midi part sur le réseau et alimente la batterie virtuelle

Concrètement, le mécanisme tourne en quatre temps.

  1. Vos panneaux produisent plus que vous ne consommez : le surplus est injecté sur le réseau, comme pour une revente classique.
  2. Le compteur Linky mesure l’injection et transmet les volumes à votre fournisseur, qui crédite votre compte de stockage.
  3. Le soir ou en hiver, vous consommez plus que vous ne produisez : les kWh soutirés sont d’abord déduits de votre crédit.
  4. Votre facture fait le solde : abonnement de stockage, frais de restitution sur chaque kWh repris, puis électricité normale une fois le crédit épuisé.

Ce que vous ne voyez pas : il faut changer de fournisseur. Le stockage virtuel n’existe que chez celui qui vous vend aussi l’électricité du complément. Pas de boîtier à poser dans la plupart des offres, pas de travaux. Mais un contrat.

Et c’est là que le mot batterie devient trompeur. Une vraie batterie vous rend 100 % de ce qu’elle a stocké, moins quelques pertes de conversion. Le stockage virtuel vous rend aussi 100 % des kWh, mais chacun repasse par le réseau public et paie son transport. Mon conseil d’auditrice : pensez crédit d’énergie avec frais de retrait, pas réservoir.

Quel fournisseur propose une batterie virtuelle en 2026 ?

Quatre offres sont réellement ouvertes aux particuliers en octobre 2026. Elles se ressemblent sur le principe et divergent sur trois lignes : les frais d’entrée, la façon de calculer l’abonnement, et le prix de chaque kWh restitué.

OffreFrais d’entréeAbonnement TTCkWh restitué TTC
Urban Solar Energy299 €1,20 € par kWc et par mois0,1110 € en Base
mylight150 MyBattery279 €1,90 € par kWc et par mois0,10862 €
mylight150 MySmartBattery279 € + coffret14,99 à 281,99 € par mois selon la capacité (20 à 10 000 kWh)inclus dans le forfait
OHM Énergie250 € (offerts si OHM Solaire a posé les panneaux)1,08 € par kWc et par mois + 0,96 € de contribution Enedisenviron 0,099 € en Base
Peut-on avoir une batterie virtuelle sans changer de fournisseur ?

Non. Le stockage virtuel est une option du contrat de fourniture : il faut acheter son électricité chez Urban Solar Energy, mylight150 ou OHM Énergie pour en profiter. Le changement se fait en ligne avec le numéro PRM du compteur Linky, sans intervention sur l’installation.

Sources : grille Urban Solar Energy au 1er août 2026, grille officielle OHM 2026, comparatif ECOinfos du 2 octobre 2026 pour mylight150. Tarifs révisables chaque année.

Deux familles se dessinent. Urban Solar, MyBattery et OHM font payer la puissance installée : plus vous avez de kWc, plus l’abonnement grimpe, mais le volume stocké est illimité. MySmartBattery fait l’inverse et facture la capacité de stockage choisie, restitution comprise, ce qui la réserve aux foyers capables d’estimer précisément leur besoin.

Le détail qui change tout chez OHM : le crédit accumulé sur douze mois est soldé chaque janvier dans une facture de régularisation. Vous ne pouvez pas faire glisser l’été 2026 jusqu’à l’hiver 2028.

Et EDF, Engie ou TotalEnergies ? Beaucoup de recherches portent sur une batterie virtuelle EDF, Engie ou TotalEnergies. Aucun des trois ne figure parmi les fournisseurs recensés par le comparatif ECOinfos mis à jour le 2 octobre 2026. Chez l’opérateur historique, le surplus se vend via EDF OA, il ne se stocke pas.

Notre avis offre par offre : quel est le meilleur fournisseur ?

  • OHM Énergie : le kWh restitué le moins cher (environ 0,099 €) et l’abonnement le plus bas. C’est le meilleur fournisseur de batterie virtuelle sur notre calcul type, à une condition : accepter que le crédit soit remis à zéro chaque janvier.
  • Urban Solar Energy : un cran plus cher qu’OHM sur l’abonnement (1,20 € par kWc) comme sur la restitution (0,1110 €). Notre deuxième choix, avec 70 € gagnés par an sur la maison de 6 kWc.
  • mylight150 MyBattery : l’abonnement le plus élevé (1,90 € par kWc). Son gain dépend surtout du volume : 24 € par an à 2 000 kWh restitués, 185 € à 4 000 kWh.
  • mylight150 MySmartBattery : un forfait par capacité, restitution comprise. Intéressant seulement si vous connaissez précisément votre besoin, relevés Linky à l’appui.

Combien coûte une batterie virtuelle ? Le calcul sur une maison de 6 kWc

Prenons un cas concret, celui que je rencontre le plus souvent. Une maison de 6 kWc, au tarif bleu Base, qui injecte l’été un surplus dont elle récupère 2 000 kWh par an les soirs et l’hiver. Trois scénarios s’opposent : vendre ce surplus à EDF OA puis racheter l’électricité au réseau, ou passer par une batterie virtuelle.

Scénario (2 000 kWh par an)Coût annuel netGain par anFrais d’entrée amortis en
EDF OA puis tarif bleu378 € (400 € d’achat moins 22 € de vente)référencesans objet
OHM Énergie287 € (89 € d’abonnement + 198 € de restitution)91 €2,7 ans
Urban Solar Energy308 € (86 € + 222 €)70 €4,3 ans
mylight150 MyBattery354 € (137 € + 217 €)24 €11,5 ans

Calcul Mon Habitat Durable du 14 octobre 2026 : rachat EDF OA à 1,1 c€ le kWh (arrêté S21 modifié, demandes depuis le 5 juin 2026), tarif bleu Base à 0,2001 € TTC depuis le 1er août 2026, abonnements et restitutions des grilles ci-dessus. Le prix du kWh de complément, hors stockage, est supposé identique chez tous les fournisseurs.

Résultat : la batterie virtuelle rapporte, mais modestement. Entre 2 et 8 € par mois sur ce profil. Rien à voir avec les 1 237 € par an mis en avant sur certaines pages commerciales, qui supposent des volumes et des prix de kWh bien plus élevés.

Trois réglages font bouger la ligne en votre faveur :

  • Le volume récupéré. Le gain croît avec chaque kWh repris : à 4 000 kWh, il triple (271 € par an chez OHM, 226 € chez Urban Solar), parce que l’abonnement, lui, ne bouge pas.
  • L’option tarifaire. Le gain dépend du prix du kWh évité : en heures pleines et heures creuses, la restitution coûte un peu plus cher le jour et un peu moins la nuit.
  • La puissance installée. Une petite installation de 3 kWc divise l’abonnement par deux, mais produit aussi deux fois moins de surplus à stocker.

Mon avis tranché : en dessous de 1 000 kWh récupérés par an, l’abonnement mange presque tout le gain. Passé 2 500, l’offre la moins chère au kWh restitué l’emporte sur toutes les autres considérations.

Simulateur batterie virtuelle : votre gain selon votre installation

Le calcul ci-dessus vaut pour un cas type. Entrez vos propres chiffres : la simulation applique les mêmes grilles d’octobre 2026 et se met à jour à chaque saisie.

Les kWh consommés le soir et l’hiver, dans la limite du surplus injecté. Votre espace client Enedis affiche les deux volumes, mois par mois.

OffreCoût annuelGain par anFrais d’entrée amortis en

Tarif bleu Base 0,2001 € TTC, rachat EDF OA 1,1 c€, grilles Urban Solar Energy, mylight150 et OHM Énergie d’octobre 2026. MySmartBattery, facturée au forfait, n’est pas simulée.

Pour replacer ce calcul dans le budget global de vos panneaux, la rentabilité d’une installation solaire se lit sur 20 ans, et le stockage virtuel n’en est qu’une ligne.

Batterie virtuelle ou batterie physique : laquelle choisir ?

La question revient à chaque audit, et elle mérite mieux qu’un réflexe. Une batterie physique coûte cher d’un coup mais ne dépend de personne. Une batterie virtuelle ne coûte presque rien à l’entrée mais vous lie à un fournisseur.

CritèreBatterie virtuelleBatterie physique
Investissement250 à 299 € de frais d’entréeenviron 1 300 € pour 5 kWh en plug and play (Marstek Venus E 3.0, juin 2026)
Capacitéillimitée chez Urban Solar, MyBattery et OHMquelques kWh, de quoi tenir une soirée
Décalage été-hiveroui, c’est son point fortnon, cycle quotidien seulement
Coupure de courantaucun secourssecours possible sur une prise dédiée
Dépendancefournisseur imposé, tarifs révisablesaucune, mais une durée de vie limitée

Le point que les vendeurs oublient : ajouter une batterie solaire physique à un projet photovoltaïque fait basculer tout le devis de 5,5 à 20 % de TVA. Sur un projet de 12 000 €, c’est environ 1 550 € de plus, avant même d’avoir stocké un kWh.

Le dimensionnement plaide aussi pour la prudence. Hespul observe que les offres avec batterie sont souvent calibrées à 1 kWh de stockage par kWc installé, sans regarder la consommation réelle. Avec 6 kWc et seulement 2 000 kWh consommés par an, la batterie pleine ne se vide jamais.

Qui doit choisir quoi ?

  • Batterie virtuelle : production forte l’été, chauffage ou consommation forte l’hiver, envie de ne rien poser chez soi.
  • Batterie physique : consommation concentrée le soir, coupures fréquentes, volonté d’indépendance vis-à-vis des fournisseurs.
  • Ni l’une ni l’autre : foyer présent en journée qui autoconsomme déjà l’essentiel de sa production.

Si vous roulez en électrique, une troisième voie existe : la voiture qui rend son énergie à la maison, en V2H, avec 40 à 80 kWh sous le capot.

Les inconvénients de la batterie virtuelle à connaître avant de signer

Le stockage virtuel n’a pas de défaut technique. Ses limites sont toutes contractuelles, et elles se lisent dans les conditions générales, rarement sur la page d’accueil.

  • Adieu EDF OA. Batterie virtuelle et obligation d’achat ne se cumulent pas. Un producteur qui quitte EDF OA après avoir touché la prime à l’autoconsommation peut devoir la rembourser.
  • Le kWh restitué reste payant. Acheminement Enedis, taxes et marge du fournisseur : comptez environ 0,10 à 0,11 € TTC par kWh repris, soit la moitié du prix du réseau.
  • Le fournisseur est imposé. Si son prix du kWh de complément est plus élevé que le tarif bleu, une partie du gain s’évapore sur l’électricité achetée en dehors du stock.
  • Les tarifs bougent. Chez OHM, les prix peuvent être révisés à chaque échéance annuelle du contrat, avec un mois de préavis.
  • Le fournisseur peut disparaître. JPME, qui proposait l’E-batterie, n’est plus autorisée à fournir de l’électricité depuis janvier 2026 et son offre est suspendue.

Écran d'un compteur Linky affichant le numéro de PRM, demandé pour souscrire une batterie virtuelle

Côté démarches, souscrire prend quelques minutes : il faut le numéro de PRM du compteur Linky, l’attestation Consuel de l’installation et la puissance en kWc. Pas besoin d’installateur RGE, contrairement à EDF OA. Le délai, lui, dépend d’Enedis : Urban Solar annonce de 3 à 6 mois selon les régions.

Un cas où la batterie virtuelle prend tout son sens : les kits solaires plug and play posés soi-même. Sans installateur RGE, pas de contrat EDF OA possible. Le surplus partirait gratuitement sur le réseau. Avec un stockage virtuel et un Consuel en poche, il devient récupérable.

Ma règle avant de signer : demander la grille tarifaire complète en PDF, vérifier la durée du contrat et refaire le calcul avec vos vrais volumes Linky, pas avec la moyenne du site commercial.

Batterie virtuelle : questions fréquentes

Quel fournisseur propose une batterie virtuelle ?

En octobre 2026, quatre offres sont ouvertes aux particuliers : le stockage virtuel d’Urban Solar Energy, MyBattery et MySmartBattery de mylight150, et la batterie virtuelle d’OHM Énergie. JPME, qui proposait l’E-batterie, a suspendu son offre en 2026.

Est-ce que la batterie virtuelle est rentable ?

Oui, modestement. Pour une maison de 6 kWc qui récupère 2 000 kWh par an, le gain face à la revente EDF OA va de 24 à 91 € par an selon l’offre, et les frais d’entrée s’amortissent en 3 à 12 ans. Plus le volume récupéré est élevé, plus l’écart se creuse.

Quel est le coût d’une batterie virtuelle ?

Comptez 250 à 299 € de frais d’entrée, puis un abonnement de 1,08 à 1,90 € TTC par kWc et par mois, et environ 0,10 à 0,11 € TTC pour chaque kWh restitué. MySmartBattery de mylight150 fonctionne à part, avec un forfait de 14,99 à 281,99 € par mois selon la capacité, restitution incluse.

Existe-t-il une batterie virtuelle EDF ?

Non, EDF ne figure pas parmi les offres de stockage virtuel recensées en octobre 2026. Chez EDF, le surplus solaire se vend via le contrat d’obligation d’achat EDF OA, au tarif de 1,1 centime le kWh pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026.

Peut-on avoir une batterie virtuelle avec un kit plug and play ?

Oui, à condition d’avoir une attestation Consuel. Le stockage virtuel n’exige pas d’installateur RGE, ce qui en fait la seule façon de valoriser le surplus d’un kit posé soi-même, puisque EDF OA est fermé à ces installations.

Quels sont les inconvénients d’une batterie virtuelle ?

Elle impose de changer de fournisseur, elle est incompatible avec EDF OA et chaque kWh restitué paie environ 10 centimes d’acheminement et de taxes. Elle n’offre aucun secours en cas de coupure, et ses tarifs peuvent être révisés chaque année.

Sources : photovoltaique.info (Hespul), le stockage virtuel et la page batteries du 8 octobre 2026 ; grilles tarifaires Urban Solar Energy (1er août 2026) et OHM Énergie (2026) ; comparatif ECOinfos du 2 octobre 2026 ; arrêté S21 modifié du 1er juin 2026. Article mis à jour le 14 octobre 2026.

Last Update: 14 octobre 2026