Quel disjoncteur pour un sèche-linge ? Un disjoncteur de 20 A sur un circuit spécialisé, câblé en 2,5 mm² de section cuivre. La NF C 15-100 le traite comme le lave-linge, et cette règle vaut pour tous les types, évacuation, condensation ou pompe à chaleur.

Deux idées reçues à lever. Un modèle à pompe à chaleur ne demande pas un plus petit disjoncteur. Et le sèche-linge ne partage jamais son circuit avec le lave-linge, même côte à côte dans la buanderie. Voici pourquoi, puis ce qui le fait disjoncter.

L’essentiel

  • Disjoncteur 20 A, câble 2,5 mm², sur un circuit spécialisé réservé au sèche-linge.
  • Même règle pour un modèle à pompe à chaleur, qui consomme pourtant bien moins.
  • Deux appareils dans la buanderie, deux circuits distincts, jamais le même départ.
  • Un différentiel 30 mA en amont. Le type AC suffit.
  • Coupure à la chauffe sur un modèle à résistance ; au démarrage sur un modèle à pompe à chaleur.

Buanderie : deux prises 20 A dédiées, l’une au lave-linge l’autre au sèche-linge, sur deux disjoncteurs C20 distincts

Quel disjoncteur pour un sèche-linge : 20 A, même pour un modèle à pompe à chaleur

Le calibre se lit sur le câble, pas sur la plaque signalétique de l’appareil. Le disjoncteur protège le conducteur contre l’échauffement. C’est lui qu’il défend.

Un câble de 2,5 mm² en cuivre accepte 20 ampères, soit environ 4 600 watts en monophasé. Un sèche-linge à résistance tire 1 800 à 3 000 watts, un modèle à pompe à chaleur nettement moins, souvent autour de 1 000 watts. Les deux passent sous le plafond du 20 A. La norme fixe donc le même couple 20 A et 2,5 mm² pour toute la buanderie, comme le rappelle Legrand.

Pourquoi pas un 16 A pour un modèle à pompe à chaleur, puisqu’il consomme peu ? Parce que le calibre protège le câble, et que le câble de la buanderie est en 2,5 mm². Un 16 A conviendrait électriquement, mais on standardise la buanderie en 20 A pour que le sèche-linge et le lave-linge soient interchangeables sur leurs départs.

Quel disjoncteur pour quel appareil : le tableau complet

Le sèche-linge rejoint la liste des circuits spécialisés de la norme. Utile de les voir ensemble, car c’est en les regroupant qu’on crée la surcharge.

AppareilDisjoncteurSection cuivreDifférentiel 30 mAÀ savoir
Four encastré20 A2,5 mm²AC ou ACircuit spécialisé, jamais partagé avec la plaque
Plaque de cuisson32 A6 mm²A obligatoireLe seul circuit de cuisine en 6 mm²
Lave-linge20 A2,5 mm²A obligatoireLe type A est exigé par la norme
Lave-vaisselle20 A2,5 mm²AC ou ACircuit à lui seul, même sous l’évier
Sèche-linge20 A2,5 mm²AC ou AY compris un modèle à pompe à chaleur
Chauffe-eau20 A2,5 mm²AC ou ASon contacteur jour/nuit se protège à part, en 2 A
VMC2 A1,5 mm²AC ou A10 ou 16 A seulement si la notice l’exige
Borne de rechargeselon puissanceselon puissanceA ou F obligatoireRelève de la partie 7-722 de la norme

Deux lignes à part : la plaque de cuisson, seule en 6 mm², et le circuit d’une borne de recharge, régi par une partie distincte de la norme.

Les deux compagnons de buanderie du sèche-linge suivent le même calibre, chacun sur son propre circuit : le lave-linge et son différentiel de type A, et le lave-vaisselle caché sous l’évier.

Buanderie : deux appareils, deux circuits

Lave-linge et sèche-linge cohabitent, souvent empilés ou côte à côte. La proximité pousse à tirer un seul câble et à brancher les deux dessus. C’est l’erreur classique de la buanderie.

Chacun embarque une résistance de chauffe. Réunis sur un même 20 A, ils dépassent la protection dès qu’ils tournent ensemble, ce qui arrive un jour de grande lessive. Le disjoncteur coupe alors les deux d’un coup.

La règle tient en une ligne. Un circuit par appareil. Si le tableau manque de place, on ajoute une rangée, on ne double pas un départ.

Quel différentiel en amont, et pourquoi le type compte

Le disjoncteur protège le câble contre la surcharge. Il ne protège pas la personne qui touche un appareil en défaut : c’est le rôle du différentiel 30 mA placé en amont, sur la rangée du tableau.

Ce seuil de 30 milliampères n’est pas arbitraire. C’est l’ordre de grandeur à partir duquel un courant qui traverse le corps humain bloque la respiration. Au-delà, le différentiel doit avoir coupé.

TypeCe qu’il détecte en plusCircuits concernés
ACRien de plus, c’est le type de baseÉclairage, prises, la plupart des circuits
ALes défauts à composante continueObligatoire : plaque de cuisson, lave-linge, recharge de véhicule
FEn plus du type A, les micro-coupuresMatériel informatique et électronique sensible

L’erreur classique : mettre un type AC sur le circuit du lave-linge ou de la plaque. L’électronique de ces appareils peut produire un défaut à composante continue qu’un type AC ne voit pas, et il ne déclenche donc pas. IZI by EDF détaille les trois circuits où le type A est imposé par la norme.

Deux règles de dimensionnement souvent oubliées : un interrupteur différentiel protège huit circuits au maximum, et la somme des calibres des disjoncteurs placés en dessous ne doit pas dépasser son propre courant assigné, en général 40 ou 63 ampères.

Attention enfin à ne pas confondre avec le gros disjoncteur en tête d’installation, celui du fournisseur : c’est un différentiel 500 mA. Il protège la ligne, pas les personnes. Notre guide du câblage d’un télérupteur montre comment s’organise le reste de la rangée.

Votre sèche-linge fait disjoncter : résistance ou compresseur

Le type de sèche-linge oriente la recherche, et le moment de la coupure la confirme.

Modèle à évacuation ou à condensation. La panne quasi systématique est la résistance de chauffe à la masse. Son isolant lâche à chaud, le courant part à la terre, le différentiel coupe pendant le séchage. On la teste à l’ohmmètre, sèche-linge débranché, entre une cosse de la résistance et la carcasse : toute valeur affichée signe le défaut.

Modèle à pompe à chaleur. Ici, pas de grande résistance. Le suspect est le compresseur ou son condensateur de démarrage, surtout si la coupure survient au lancement du cycle, quand le compresseur appelle son courant de démarrage. Le diagnostic passe alors par un professionnel, le circuit frigorifique n’étant pas une pièce qu’on démonte soi-même.

À ne pas confondre : un sèche-linge qui fait sauter le DISJONCTEUR est en surcharge, souvent parce qu’il partage sa ligne avec le lave-linge. Un sèche-linge qui fait sauter le DIFFÉRENTIEL a une fuite à la terre. Ce n’est pas la même panne, ni la même réparation.

Questions fréquentes sur le disjoncteur du sèche-linge

Quel calibre de disjoncteur pour un sèche-linge ?

Un disjoncteur de 20 A sur un circuit spécialisé, câblé en 2,5 mm² de section cuivre. C’est la règle de la NF C 15-100 pour la buanderie, quel que soit le type de sèche-linge.

Un sèche-linge à pompe à chaleur demande-t-il un disjoncteur plus petit ?

Non. Il consomme moins qu’un modèle à résistance, souvent autour de 1 000 watts contre 2 500, mais il garde le même circuit spécialisé en 20 A et 2,5 mm². Le calibre suit la section du câble, pas la puissance de l’appareil.

Lave-linge et sèche-linge peuvent-ils partager un disjoncteur ?

Non. La buanderie réunit deux circuits spécialisés distincts, un pour chaque appareil, chacun en 20 A. Les réunir revient à additionner deux résistances de chauffe sur une protection prévue pour une seule.

16 A ou 20 A pour un sèche-linge ?

La norme retient 20 A avec du 2,5 mm². Un modèle à résistance tire 1 800 à 3 000 watts, et un 16 A déclenche dès qu’il chauffe à pleine charge. Le 16 A ne se garde qu’en rénovation, sur un câble existant en 1,5 mm².

Faut-il un différentiel de type A pour le sèche-linge ?

La norme ne l’impose pas, un type AC 30 mA convient. Le type A reste un choix prudent sur un appareil à électronique de puissance. L’essentiel est qu’un différentiel 30 mA protège la rangée.

Mon sèche-linge fait disjoncter, d’où cela vient-il ?

Sur un modèle à résistance, presque toujours la résistance de chauffe à la masse. Sur un modèle à pompe à chaleur, plutôt le compresseur ou son condensateur de démarrage, surtout si la coupure arrive au lancement.

Sources

Last Update: 23 septembre 2026